INSPIRATIONS Numéro 3

Vivre sur la route, un rêve qui peut devenir réalité…

 

Comme tout enfant qui se respecte, j’ai imaginé pouvoir passer des vacances dans un camping-car. Je regardais ces véhicules comme un rêve incroyable et ceux qui en sortaient comme des chanceux qui profitaient des vacances comme personne… Imaginez, une maison sur roulettes qui arpente les routes de France sans même se soucier des maisons autour. Une cuisine mobile, des WC sur roues et encore mieux, un lit à moteur ! Voilà ce que l’on imagine, ce qui nous fait fantasmer quand on a 6 ans…

On a beau grandir, on garde souvent des petits rêves ou des images figées dans un coin de la tête. Pour moi, les vans aménagés, les camions-maisons étaient destinés à la communauté surf. Je voyais les mecs sortir de l’eau et retrouver directement leur campement sur le bord de route, une vie parfaite, rythmée par les vagues et ce que la mer avait à offrir. Idyllique non ? Là où je ne voyais pas clairement les choses c’est qu’il ne s’agissait pas seulement de la communauté surf… Grimpeurs, surfeurs, skateurs, artistes… Doit-on réellement les qualifier ? Ne peut-on pas simplement les rassembler sous “nomades” ?

Pour bien mettre en valeur ces profils, le livre Off the Road publié par Gestalten nous fait saliver sur ces vies incroyables rythmées par les kilomètres parcourus.

 

 

“Papa, Maman, je veux être globetrotteur !”

 

Elle n’existe pas cette possibilité dans mes manuels scolaires et je m’en veux encore aujourd’hui de ne pas avoir eu la curiosité de m’intéresser à ce choix. Vous imaginez pouvoir cochez la case “Partir à l’aventure” dans les choix post-bac ? Non, la réalité c’est qu’on nous demande de nous concentrer sur une orientation plus terre-à-terre sans pour autant nous ôter le droit de rêver, mais en réfléchissant à un avenir plus sérieux. C’est bien là le problème, comment est-ce possible de nous dé-conseiller la flânerie sans pour autant nous en fermer les portes ? La même interrogation revient dans la bouche de tous les concernés : Mais comment gagner de l’argent si on passe son temps à rouler pour découvrir le monde ? Et comment même se payer son véhicule et le matériel adéquat ? Au final ils ont peut-être raison, regardons ce que vaut le cursus “école de communication”.

Pour répondre à ces questions, j’ai contacté Les Explorateurs sans Frontières : Audrey et Lucas (25 ans), qui ont choisi la route et l’aventure comme ligne directrice.

 

“Comme beaucoup, le bac en poche, nous nous sommes dirigés vers des études post-bac. Nous avons choisi les biotechnologies alors que nous avions une idée floue de ce que cela impliquait. Pourtant notre cursus nous a tous les deux passionné. Mais, très vite nous avons eu envie de grandeur, de découvrir et d’apprendre différemment. C’est de là qu’est venue notre idée de partir vers de nouveaux horizons, de partir à l’aventure, d’explorer le monde.

Diplôme validé, alors que tous nos camarades de promotion cherchaient leur premier job, nous avons décidé d’acheter un van, de l’aménager et de partir sillonner les routes. Nous avons pris la décision de vivre nos rêves, de refuser l’inertie des choix qui s’imposent les uns à la suite des autres.

Nous avons mis quelques sous de côté durant nos études, puis avons travaillé trois mois avant notre départ. De quoi financer le camion, les travaux, l’assurance et les dépenses au cours du voyage. Mais l’expérience nous a montré que le voyage ne coûte pas d’argent mais du temps. Pour voyager nous prenons le temps découvrir, de nous perdre, de laisser le hasard faire les choses. Seul le van et l’essence puisent de l’argent, le reste n’est que rencontres et opportunités. Ces opportunités nous les provoquons aussi, nous faisons du WOOFing. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est comme un échange. On aide à la ferme et en contre partie on est nourri et logé ! Pas mal, non ? C’est surtout l’occasion de rencontrer des locaux, partager leur quotidien, échanger, discuter, refaire le monde autour d’une bonne bouffe. Au cours de notre voyage nous avons même initié une petite ferme à cette pratique, le woofing était adopté.

Après 10 mois de voyage maintenant nous pensons bientôt reprendre notre parcours là où nous l’avions laissé. Notre voyage, c’est notre parenthèse. Elle restera toujours ouverte pour d’autres excursions en terres inconnues.”

Audrey & Lucas – Site web  – Facebook – Instagram

 

La vie nous pousse donc à faire des choix. Il y a ceux qui re-rentrent dans le rang et ceux qui suivent leur envie. Parmis vos contacts, combien sont ceux qui ont largué les amarres pour l’Australie pendant une année et qui reviennent en vous racontant l’histoire de ce Van qu’ils ont acheté sur la côte et avec lequel ils ont arpenté le pays ? Ils sont tellements nombreux que pendant un moment je me suis demandé où vivaient les vrais australiens ? Mais après tout, l’aventure c’est l’aventure ! Et puis je pense aussi à ceux qui ont décidé de rouler sur les terres anglaises, écossaises, irlandaises… mais surtout françaises ! Notre pays n’offre-t-il pas les routes parfaites pour penser s’y installer ?

Me voilà cette fois-ci en train de questionner Astrid, d’Histoires de Tongs. Elle arpente les routes et explore le monde entier. Avec pas mal de kilomètres à son actif à travers le monde, nous voulions avoir son point de vue sur la France et sur le fait que beaucoup de gens la fuient avant même de la découvrir…

Je continue de penser à la possibilité de me préparer un domicile de vacance mobile… Et puis, au fil de mes recherches je tombe sur ce site magique : www.thevanual.com . Ici rien n’est impossible, il suffit de retrousser ses manches et de croire en son projet du début à la fin. Alors pourquoi pas nous ? Pourquoi pas récupérer le vieux Peugeot Partner de famille et lui appliquer les règles de ce guide ?

 

okok

 

L’expérience fut courte mais intéressante. Le petit utilitaire se voyait garni de deux matelas, deux sacs de couchages et de quoi faire chauffer. Bien évidemment le matériel photo prenait plus de place que le nécessaire à vivre mais bon… Après quelques jours à arpenter la Bretagne Sud, je découvrais le plaisir que la vie “nomade” peut procurer tout en restant conscient que l’on était loin des vans aménagés où tout est construit pour y vivre toute l’année. De plus, l’arrivée à La Torche un 21 décembre nous rappelait que nous avions simplement mis deux matelas dans une boite de taule, pas du tout pensée pour lutter contre le froid.

 

“Ils l’ont fait donc nous pouvons aussi le faire… non ? ”

 

Après cette petite expérience, nous avons passé du temps à rire de notre projet. Aussi intéressant puisse-t-il être, c’est en découvrant le boulot de Joe et Kaitlin (Road 2 Adventure) que l’on s’est senti un peu ridicule. De leur côté, ce couple s’est lancé dans l’achat d’un bus et de sa totale transformation… Des heures de boulot, des soucis en pagaille et des histoires à raconter pendant longtemps, mais ils y sont arrivés. Les voilà avec l’Australie traversée, la Nouvelle-Zélande bouclée et quoi encore ? L’histoire de Joe et Kaitlin n’est pas unique, elle ressemble à celle de beaucoup d’autres couples, bandes de potes, ou simple aventurier qui trouvent plus plaisant de voir les kilomètres défiler au compteur plutôt que les jours du calendrier tranquillement accrochés sur le frigo.  

 

 

On pourrait croire que ce genre d’histoire doit forcément se terminer lorsque l’on devient parents ? C’est vrai que l’arrivée d’un enfant modifie complètement la manière dont on voit les choses mais cela doit-il obligatoirement nous faire renoncer à un mode vie qui nous plait tant ? Nous avons découvert Les 4 Farfelus, une famille française qui a décidé de vivre sur les routes canadiennes et américaines… Et quand on leur pose la question de pourquoi cette vie ? Voilà ce qu’ils répondent :

 

“ Bien tout simplement parce qu’on en a envie ! Certains voient leur bonheur dans la construction d’une maison, d’autre dans l’apogée de leur carrière. Nous c’est de voyager autour du monde et d’être LIBRES ! La liberté d’aller où on veut, quand on veut, sans contrainte de temps. Profiter de nos enfants qui grandissent trop vite et à qui on veut montrer, apprendre et faire découvrir tout ce qu’il y a sur notre belle planète. Il y a tant de choses à découvrir qu’une vie entière serait trop courte … alors pourquoi attendre !  Profitons !!!

Ne nous parlez pas de retour à la « vraie vie » car pour nous C’EST la vraie vie ! “

Les 4 FarfelusSite InternetFacebook – Instagram

 

Alors voilà, dans ce Numéro 03 de The Two Pines, en commençant par l’Édito, nous avons voulu vous présenter ces gens qui vivent leur rêve comme peu oseraient le faire.

Prenez la route pendant qu’il en est encore temps et ne laissez personne mettre de la distance avec vos envies. Foncez sur Le Bon Coin ou Ebay ou dans le premier concessionnaire que vous croisez, achetez votre van, votre camion, votre bus ou je ne sais quoi et partez à l’aventure. Le premier kilomètre de votre belle histoire peut commencer ici et maintenant…

 

 

Vous êtes convaincu ? Vous remuez du pied frénétiquement en pensant que cela pourrait être fait pour vous ? Testez l’aventure. Astrid ( Histoire de Tongs ), une jeune française qui dévore le monde présente à The Two Pines son expérience de Couchsurfing sur la route.

Les deux premières années, je me déplaçais essentiellement en auto-stop mais depuis un an, je vis dans un van et parcours les différents pays d’Europe. Étant sur la route, j’ai très souvent été hébergée grâce au couchsurfing (dormir sur le canapé d’un habitant), et j’ai toujours été reçue avec beaucoup d’amitié et de générosité. Aujourd’hui, j’ai la chance de pouvoir accueillir à mon tour d’autres voyageurs, et même si les conditions restent particulières, c’est pour moi l’occasion de continuer à faire de magnifiques rencontres.

Lorsque je faisais du stop, j’étais habituée à discuter toute la journée avec les différents chauffeurs qui me conduisaient. Chaque soir, je dormais chez l’habitant, grâce aux couchsurfers mais également aux rencontres spontanées. Poursuivre l’aventure en van a donc été un grand changement : soudain, je me retrouvais seule, et les journées ont alors semblé beaucoup plus longues. Après un mois de solitude sur les routes anglo-saxonnes, j’ai compris qu’il fallait que je m’organise autrement. C’est ainsi que l’idée d’héberger des voyageurs a germé. Pourquoi ne pas offrir aux backpackers des environs l’opportunité de se joindre à moi quelques jours, voire quelques semaines ? J’ai donc envoyé un long message sur le réseau communautaire, sans toutefois trop y croire. Quelques heures plus tard, les réponses affluaient.

C’est une jeune russe qui a retenu mon attention, car elle n’avait pas de programme pré-établi, ce qui nous donnait la liberté d’aller où bon nous semblerait durant les trois semaines qu’elle avait de disponibles. Le contact a été excellent dès le premier jour, et au-delà d’une agréable compagnie de voyage, c’est une belle amitié qui est née.

C’était l’hiver et j’avais peu à offrir : vivre dans un camion aménagé n’apporte pas le confort d’une chambre ou d’un canapé. Pas de chauffage la nuit, pas d’eau courante ni d’électricité, seul un matelas et des couvertures constituaient l’équipement du véhicule. Quant à l’intimité, elle a vite compris qu’elle pouvait faire une croix dessus ! Même si son regard s’est avéré surpris lorsque je lui ai expliqué comment se laver au lavabo des toilettes ou faire la vaisselle dans les stations-services, elle s’est très vite adaptée et ne m’a jamais laissé paraître qu’elle regrettait de vivre cette aventure. Les adieux furent comme souvent touchants, et nous gardons aujourd’hui encore contact régulièrement, espérant renouveler l’expérience prochainement.

Par la suite, d’autres couchsurfers et lecteurs de mon blog de voyage m’ont retrouvée aux quatre coins de l’Europe. Nous avons été jusqu’à six personnes dans mon petit Volkswagen T4 (qui compte trois places assises). Une tente d’appoint et des duvets supplémentaires ont fait office de chambre d’amis, ce qui a souvent amusé mes invités. Avec mon meilleur ami qui m’a rejointe pour un road-trip de plusieurs mois d’Orléans à Odessa, nous avons même ouvert nos portes à quelques voyageurs égarés, qui tendaient le pouce au bord de la route. L’occasion pour nous de sortir de notre bulle et de nous ouvrir à de nouvelles amitiés, marquées de souvenirs plutôt chaotiques mais toujours émouvants.

Rendre au monde un peu de ce qu’il m’a apportée a également été une grande source de joie. Bien souvent, je n’ai pas su trouver les mots pour remercier les habitants à hauteur de ce qu’ils m’avaient offert. J’ai donc dû apprendre à recevoir, ce qui n’a pas toujours été chose aisée. Aujourd’hui, je suis en mesure de retransmettre à mon tour un peu de cette générosité : la roue tourne, et mon voyage prend un nouveau sens. En donnant, je réalise qu’en réalité je reçois bien plus de chaleur humaine que je l’aurais imaginé. Ces moments partagés furent tous de véritables cadeaux, et je remercierai toujours ceux qui ont pris la peine de partager avec moi un peu de leur temps.

AstridBlog de voyage –  Facebook – Instagram 

 

 

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