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L’Édito du mois : fascination du vide

crédit photo : Monsieur Tober

À l’aube du troisième numéro de The Two Pines, la question du vide se pose. Quels contenus ? Qui contacter ? Comment renouveler un genre ? Ne pas répéter ce qu’on fait à chaque article, à chaque numéro ? Ce que d’autres font aussi ? Continuer à explorer ?

Ça ne veut pas dire que nous avons peur. Le vide n’est pas nécessairement effrayant. Il est impressionnant c’est sûr mais qui n’a jamais eu envie de s’y jeter. Au moins de s’y frotter. Alex Honnold repousse les limites du solo intégral sans jamais faire du vide un sujet de danger. Dean Potter a dédié sa vie au vide pour finir par lui donner en wingsuit. Que ce soit les disciplines ou leurs disciples – slackline, basejump, escalade, plongée en apnée, parachutisme… –  ils sont de plus en plus nombreux à vouloir signer le vide. Les marcheurs, les runners, les skieurs, suivre la route ne leur suffit plus depuis longtemps. Un pas de côté vers le hors piste et le vide leur offre l’horizon comme seule boussole.

Le vide vous remplit de motivations, de liberté puisqu’il ouvre tout simplement la porte du tout. Plus il y a de vide autour de nous, plus il y a de choses à y mettre. Préparation de randonnée : vous commencez par poser votre sac à dos au sol, vide, puis vous faites l’inventaire de tout ce que vous pourrez y mettre. Tant que le sac reste vide vous nourrissez l’espoir de pouvoir y mettre tout ce que vous voulez. Le remplir, c’est sélectionner, faire des choix, trouver des solutions.

Est-ce un hasard si l’on motive nos escapades dans la nature par le « besoin de faire le vide » ? Non bien sûr. On veut se réinitialiser, faire de la place, ramener de nouvelles images, de nouveaux souvenirs…

Le vide est un espace d’expression. Que ce soit dans l’espace qui nous entoure, dans nos têtes, dans un sac, sur une feuille blanche, le vide invite à l’exploration. Finalement s’il est si vertigineux, c’est qu’au bord de la falaise, on y voit toutes les possibilités qu’il offre. Et c’est ainsi que le numéro 3 s’est construit. Pas en reculant, ni en sautant. En explorant.

 

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